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Personnalité et tempérament : quelle est la différence ?

Le tempérament est la matière brute d'origine biologique visible dès la petite enfance ; la personnalité est ce qui se développe par-dessus grâce à l'expérience. La distinction est réelle, et la frontière est plus floue que les manuels ne le laissent entendre.

Le tempérament et la personnalité sont souvent utilisés de manière interchangeable dans le langage courant, et la distinction entre eux est réelle — bien qu'il s'agisse d'une question de degré plutôt que d'une ligne nette.

La distinction conventionnelle

Le tempérament désigne les différences individuelles d'origine constitutionnelle en matière de réactivité et d'autorégulation, observables très tôt dans la vie et relativement stables. Les nourrissons diffèrent dès les premières semaines dans la force de leur réponse à la nouveauté, la facilité avec laquelle ils sont apaisés, leur tendance à s'approcher ou à se retirer. Ces différences précèdent tout apprentissage significatif, ce qui constitue le cœur de l'argument selon lequel elles sont constitutionnelles.

La personnalité désigne les schémas plus larges et plus élaborés de pensée, de ressenti et de comportement qui caractérisent un adulte. Elle inclut le tempérament comme fondation, mais y ajoute tout ce qui est construit par-dessus : valeurs, croyances, adaptations caractéristiques, identité, stratégies qu'une personne a développées pour gérer sa propre réactivité.

La métaphore la plus souvent utilisée est que le tempérament est la matière brute et la personnalité est ce que l'expérience en fait.

D'où cela vient-il ?

Le programme de recherche moderne commence avec l'étude longitudinale de New York de Thomas et Chess dans les années 1950, qui a suivi des nourrissons et identifié neuf dimensions du tempérament, regroupées ensuite en profils facile, difficile et lent à se réchauffer. Les travaux de Kagan sur l'inhibition comportementale dans les années 1980 ont montré qu'un sous-groupe de nourrissons réagissant fortement à la nouveauté à quatre mois restait plus inhibé jusqu'à l'adolescence, avec des différences physiologiques mesurables.

Le modèle de Rothbart, aujourd'hui le plus influent, réduit le tempérament à trois grands facteurs : la surgence ou extraversion, l'affectivité négative et le contrôle volontaire. Le modèle EAS antérieur de Buss et Plomin proposait l'émotivité, l'activité et la sociabilité.

Là où la frontière s'estompe

La distinction nette se heurte à des difficultés aux deux extrémités.

Les dimensions de traits chez l'adulte ressemblent beaucoup aux dimensions du tempérament à l'âge adulte. La surgence de Rothbart correspond à l'extraversion, l'affectivité négative au névrosisme, le contrôle volontaire à la conscience. C'est trois des Cinq Grands facteurs avec une étiquette développementale différente. Si les traits adultes sont largement un tempérament élaboré, les catégories ne décrivent pas des choses différentes mais plutôt les mêmes choses à des âges différents.

Les estimations d'héritabilité ne les séparent pas non plus. Le tempérament et les traits de personnalité adulte présentent tous deux une héritabilité de l'ordre de 40 à 60 % — le tempérament n'est pas uniquement biologique et la personnalité n'est pas uniquement acquise.

Et le tempérament n'est pas figé. Les nourrissons inhibés de Kagan avaient plus de chances de devenir des adolescents inhibés, mais une part substantielle ne l'était pas. Le tempérament précoce modifie les probabilités ; il ne détermine pas l'issue.

Pourquoi la distinction mérite encore d'être maintenue

Même floue, elle est utile.

Elle explique pourquoi le changement est possible mais lent. Si une partie de ce contre quoi vous luttez était présente avant que vous ayez votre mot à dire, l'effort produit un mouvement progressif plutôt qu'une transformation — et attendre une transformation est un bon moyen de conclure à tort que rien ne change.

Elle sépare aussi la réactivité de la régulation, que le langage courant confond. Deux personnes peuvent avoir la même intensité de réponse émotionnelle et différer énormément dans ce qu'elles en font. La seconde est bien plus susceptible d'être travaillée que la première, et les interventions qui ciblent la régulation plutôt que la réactivité sont celles qui bénéficient des meilleures preuves.

En termes de mesure

Les instruments pour adultes mesurent la personnalité, pas le tempérament. L'évaluation du tempérament se fait avec des instruments pour nourrissons et enfants, souvent par le biais de rapports parentaux ou d'observations, et ne se transpose pas aux adultes.

Ce que capture un questionnaire adulte, c'est l'état actuel d'un système aux fondements constitutionnels sur lequel se superposent des décennies d'histoire. C'est pourquoi un score de trait se lit mieux comme une description de l'endroit où vous vous trouvez maintenant — informatif, modérément stable, et non comme une affirmation de ce qui était inévitable.

Mettez-le à l'épreuve

Lire sur la mesure est une chose. Voir son propre score avec sa source, son échantillon normatif et ses limites en est une autre. Gratuit, sans inscription.

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